sommes nous égaux face à l’impôt ?

Encore un très bon reportage de Elise Lucet !

Hervé Falciani, ancien informaticien de la banque HSBC Genève, détient la liste des coordonnées bancaires de tous les clients de cette banque dont celles de particuliers et d’entreprises Françaises. La particularité de ces fichiers est qu’ils présentent non seulement des noms  mais surtout les fonctionnements et les mécanismes de l’évasion fiscale internationale. Dans la finance, tout est extrêmement bien cloisonné, et ces documents représentent une opportunité inespérée d’en comprendre les rouages.

L’état Suisse voit en lui un voleur et c’est pour cela qu’il s’enfuit en France. Eric de Montgolfier, le magistrat français en charge de l’affaire, constate 6 313 comptes de particuliers et d’entreprises françaises, alors que seulement 6 comptes ont été déclarés…

Eric Woerth – ministre du budget – se saisit alors du dossier et ne parle plus que de 3 000 évadés fiscaux… Où sont donc passés les 3 300 autres ? Réponse de Bercy : nous avons écarté 3 467 comptes car ils étaient dormants. Or comme l’explique très bien un contrôleur fiscal, ce sont ces comptes qu’il faut étudier en premier. Ils sont vides car ils ne servent qu’à faire transiter l’argent vers des paradis fiscaux encore plus paradisiaques. Étonnant qu’à Bercy on ne connaisse pas ce fonctionnement.

Des noms de personnalités ont été vus sur ces fichiers dont celui de Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt et ami de Eric Woerth, mais aussi celui du préfet Jean Charles Marchiani. Or ces noms ne semblent plus figurer sur ces fichiers. Michèle Alliot Marie – ministre de la justice de l’époque – s’étonne juste que des noms aient disparu. En effet, lorsque la France a rendu les fichiers à la Suisse, cette dernière a noté que les données avaient été modifiées : « manipulations volontaires dont le mobile nous échappe. »

Bilan 4 ans après les investigations du gouvernement : parmi les 2 846 comptes étudiés par le fisc (sur les 6 313…), seulement 1/3 a été redressé, et seul 86 font l’objet d’une plainte de Bercy pour fraude fiscale.

Messieurs les politiques et les économistes, occupez vous de votre rentabilité / compétitivité avant de venir me parler de la mienne.